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Les conséquences de la déforestation en Côte d’Ivoire…

Les conséquences de la déforestation

  • Déplacement de la boucle du cacao, Augmentation du taux de pauvreté, Migrations…..)
  • EXTRAITS DERNIER RAPPORT BANQUE MONDIALE sur la situation économique en Côte d’Ivoire
    • « La bonne performance de l’économie ivoirienne, qui affichait un taux de 8 % en 2017, est essentiellement due au secteur agricole qui a bénéficié de conditions climatiques avantageuses.
    • Comme la croissance économique de la Côte d’Ivoire repose en partie sur l’utilisation de son stock de ressources naturelles, les auteurs du rapport consacrent un chapitre à l’impact du changement climatique sur l’économie. Ils dressent un constat alarmant : ce stock de ressources aurait diminué de 26 % entre 1990 et 2014. Plusieurs phénomènes visibles confirment cette dégradation, comme la déforestation, l’épuisement des réserves d’eau et l’érosion côtière. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le changement climatique pourrait induire une baisse du PIB de l’ensemble de l’Afrique de l’ordre de 2 à 4 % d’ici 2040 et entre 10 à 25 % d’ici 2100. Pour la Côte d’Ivoire, cela correspondrait à une perte de l’ordre de 380 à 770 milliards de francs CFA en 2040.
    • « Ce rapport lance un cri d’alarme afin de susciter une prise de conscience rapide et collective », souligne Pierre Laporte, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire. « La lutte contre le changement climatique va requérir des décisions immédiates et doit devenir une priorité pour que le pays maintienne un rythme de croissance accéléré et soutenable dans la durée. » 
    • La production de cacao sera impactée par le changement climatique.
      • L’agriculture, qui est un des moteurs de l’économie ivoirienne, dépend fortement des aléas climatiques. Aujourd’hui, la production de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur et exportateur mondial, représente environ un tiers des recettes d’exportations et plus de 10 % des recettes fiscales. Cette activité procure des revenus directs et indirects à près de 5 millions de personnes. Or, la filière subira également les effets du changement climatique, notamment de l’augmentation de la température qui risque de rendre les terres plus arides et moins fertiles. Cela contraindra de nombreux exploitants à déplacer leurs plantations vers des zones à plus haute altitude où les températures seront plus favorables à la culture du cacao.

La perte de biodiversité

Les forêts hébergent plus de 80 pour cent de la biodiversité terrestre et représentent l’un des derniers refuges pour de très nombreuses espèces animales et végétales. C’est pourquoi, la déforestation est une catastrophe aussi bien pour l’Homme que pour les autres espèces puisque on estime que 27 000 espèces animales et végétales disparaissent chaque année à cause d’elle. Cette perte de biodiversité, qui peut être irréversible, coupe l’humanité de services et ressources inestimables. En effet, les systèmes alimentaires sont fortement dépendants de la biodiversité et une proportion considérable de médicaments est directement ou indirectement d’origine biologique.

Ainsi, les forêts tropicales fournissent une panoplie de plantes médicinales servant aux soins de santé. 80% des habitants des pays en développement dépendent des médicaments traditionnels: 50% d’entre eux proviennent de la forêt. Et plus d’un quart des médicaments modernes sont tirés des plantes forestières tropicales !

L’aggravation des maladies

Contrairement aux idées reçues, les forêts réduisent les maladies infectieuses. Les forêts tropicales non perturbées peuvent exercer un effet modérateur sur les maladies provoquées par les insectes et les animaux. Autrement dit, « le déboisement des forêts primaires reste l’une des causes principales de l’apparition de nouveaux agents infectieux et de leur circulation épidémique dans les populations humaines », souligne l’IRD.

40 % de la population mondiale vit dans des régions infestées par le paludisme. Or, dans les zones fortement déboisées, le risque de contracter cette maladie est 300 fois plus élevé que dans les zones de forêt intacte !

72 % des maladies infectieuses émergentes transmises par les animaux à l’homme sont propagés par des animaux sauvages par rapport aux animaux domestiques. Les zones déboisées augmentent le contact entre la faune sauvage et l’homme et influencent la transmission d’agents pathogènes.

La disparition des coraux

Bien que le lien de cause à effet ne soit pas évident de prime abord, la disparition fulgurante des forêts aboutit à une augmentation du transport des sédiments dans les rivières qui finissent par rejoindre les mers et océans. Cela a un impact sur la turbidité de l’eau et diminue significativement la pénétration de la lumière, affectant directement la photosynthèse des algues, ce qui a une répercussion directe sur la dénutrition des coraux.

L’aggravation des catastophes naturelles

Les forêts sont indispensables à la structure et la qualité des sols. En effet, le couvert forestier protège de la dégradation des terres et la désertification en stabilisant les sols, en réduisant l’érosion hydrique et éolienne et en maintenant le cycle des nutriments dans les sols.

Un sol dénudé n’apporte plus la protection nécessaire contre les pluies violentes qui vont donc favoriser les glissements de terrain et les inondations dans les vallées.
Ce phénomène s’illustre particulièrement à Haïti où plus de 90 % des arbres y ont été abattus, essentiellement pour faire du charbon de bois. Sans racines ni feuillages, il n’y a rien pour retenir l’eau dans les localités situées au niveau de la mer, qui subbisent alors des coulées de boue meurtrières.

Autre exemple : lors de la mousson en Indonésie, d’octobre à avril, les glissements de terrain et inondations sont alors fréquents et parfois très meurtriers. Normalement, la végétation de l’île permettait en partie de contenir ces forts ruissellements, évitant ou diminuant ainsi les inondations et les coulées de boues. Cependant, l’Indonésie est victime d’une déforestation massive et donc d’une érosion de ses sols qui ne parviennent plus à jouer efficacement leur rôle absorbant.

Les forêts de mangroves jouent un rôle de barrière contre les tsunamis, les cyclones et les ouragans.

La diminution de la ressource en eau

Les forêts aident à reconstituer les nappes phréatiques si cruciales pour l’eau potable. Ainsi,,les trois quarts de l’eau accessible proviennent de bassins versants forestiers. Ainsi, les deux tiers des grandes villes des pays en développement dépendent des forêts pour leur approvisionnement en eau potable. Les forêts, en filtrant et en retenant l’eau, protègent les bassins versants qui fournissent de l’eau douce purifiée aux rivières.
La déforestation entraîne l’érosion du sol et l’envasement des cours d’eau, ce qui réduit l’accès à l’eau potable ; à la fois en qualité et en quantité.

Le changement climatique

La disparition massive de la forêt tropicale humide au profit des prairies et des cultures diminue d’autant l’évapotranspiration (évaporation + transpiration des végétaux) et donc l’humidité de l’air et le climat régional. C’est ce qu’a montré une étude de la l’université de Leeds (Grande-Bretagne) menée par Dominick Spracklen.

La déforestation participe fortement aux émissions de gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique en cours. Ainsi, 17 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone, résultent de la déforestation et des changements apportés à l’occupation des sols : c’est le troisième poste émetteur après l’approvisionnement énergétique et l’industrie. 70 % de ces émissions proviennent du Brésil et 80 % de l’Indonésie.

Gaz à effet de serre : puits et source de carbone

Des quantités considérables de carbone ont été libérées en raison de la déforestation opérée depuis des siècles aux latitudes moyennes et élevées, et dans la dernière partie du XXe siècle dans les régions tropicales. Il est donc vital de continuer à stocker le carbone et d’empêcher sa libération dans l’atmosphère si l’on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

En 2005, les forêts couvraient 30% de la surface terrestre et renfermaient plus de la moitié du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres, soit plus de mille milliards de tonnes de carbone. Toutes les forêts sont des réservoirs de carbone : elles retiennent le carbone à la fois dans la biomasse vivante et morte, dans les matières organiques en décomposition et dans les sols.

Ce sont les processus de photosynthèse, de respiration, de transpiration, de décomposition et de combustion qui entretiennent la circulation naturelle du carbone entre la forêt et l’atmosphère. Ce mode de fonctionnement dynamique des écosystèmes forestiers leur permet de recycler le carbone. Ils jouent donc un rôle important dans le cycle mondial du carbone : lorsque le stock de carbone augmente, le flux net de l’atmosphère vers l’écosystème forestier est positif et on parle alors de puits de carbone ; dans l’autre sens, on parle de source de carbone.

Sur la période 2001-2014, les émissions mondiales provenant de la déforestation ont diminué de 3,9 à 2,9 gigatonnes (Gt) de dioxyde de carbone (CO2) par an. Toutefois, malgré la réduction mondiale des émissions de carbone des forêts du fait du recul de la déforestation, les émissions provenant de la dégradation des forêts ont considérablement augmenté entre 1990 et 2015, passant de 0,4 à 1,0 Gt de CO2 par an. La dégradation des forêts est une réduction de la densité de la biomasse des arbres due à des causes naturelles ou à l’action de l’homme comme l’exploitation forestière, les feux de forêt, les chablis et d’autres événements, indique la FAO.

L’absorption de carbone par les forêts contribue à contrebalancer, mais pas entièrement, les émissions mondiales en raison de la conversion des forêts à d’autres types d’utilisation des terres. Les forêts absorbent et stockent deux milliards supplémentaires de tonnes de CO2 par an (2011-2015), à l’exclusion des émissions provenant de la déforestation.

La moitié du puits de carbone forestier est liée à la croissance des forêts plantées. Ainsi, les forêts d’Europe et d’Amérique du Nord ont fonctionné comme des puits nets de carbone entre 1990 et 2014, car elles absorbaient plus de carbone qu’elles n’en rejettaient. Cependant, l’effet du reboisement sur le stockage du carbone reste limité et ne permettra pas de compenser nos émissions de gaz à effet de serre.
Les pays développés continuent de représenter la majeure partie du puits de carbone mondial, avec une part de 60 pour cent (2011-2015). Cette part a toutefois reculé puisqu’elle était de 65 pour cent en 2001-2010, régression due principalement à la diminution de la création de nouvelles forêts plantées.
Les pays en développement représentent quant à eux les 40 % restants du puits de carbone mondial.

Enfin, les experts du GIEC s’accordent sur un diagnostic inquiétant des impacts à venir du réchauffement climatique : à partir de + 2°C, les écosystèmes terrestres risquent de relâcher plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qu’ils n’en stockeront. A ce titre, la forêt amazonienne présente déjà des signes de fatigue.

 

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